LA TENEUR
LA TENEUR Tu ne connais pas le désert et la soif Tu ne connais pas la faim Ni l’horizon fermé d’un cœur asséché Tu n’imagines pas la teneur de ces contrées Où toutes tes illusions, tes repères sont obsolètes Non, tu ne connais pas ces mondes-là. Il n’y a personne pour te prendre la main Personne pour t’écouter, personne pour t’entendre Tu n’intéresse personne, t’es invisible et seul. Personne ne prend ce chemin Mais toi tu n’en as pas d’autre Toujours seul, toujours vivant malgré tout C’est presque incroyable Cette vie, étrangement, te porte et te guide sans faillir Elle te montre le visible, elle te montre l’invisible Elle te pétrit comme de l’argile tendre Te fait visiter ce qu’elle est, sans fioritures C’est cru. Ton jugement doit cesser pour voir Ton discours intérieur se taire pour entendre Tes peurs disparaître pour aimer Te faut-il connaître la soif, le désert Connaître la teneur de ces contrées ?

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